Une formation Plongeur Bio 2 organisée par le CDBES31, en 3 we sept-oct 2016, vécue par Pascale!
Si vous avez vu Men In Black II, peut-être vous souviendrez-vous de la scène où K-Tommy Lee Jones- insère une clé pour ouvrir un banal casier métallique, qui révèle tout un peuple de mini-aliens, l’honorable peuple du casier C-18, avec ses croyances hilarantes, son chef-de-nous, et sa Table de la Loi.  J -Will Smith- se laisse happer par ce mini-univers et entre dans leur jeu.
Entrer dans une formation Plongeur Bio 2, c’est un peu ça. On peut passer une « banale » roche, un « bête » coralligène, une posidonie nonchalante, un poisson ou un pas-poisson. Ou bien on peut s’y poser le temps d’une photo, d’un regard plus incisif, et prendre les clés de la découverte d’un mini-monde de copépodes pique-assiettes, de mollusques machos, d’ascidies sociales, de stratégies de protection, d’expansion, de camouflage, d’associations.
Game of Thrones dans quelques dm2.
En deux week- ends théorie, où les fesses de 8 élèves cherchèrent discrètement à se soulager d’une posture d’écoute active pendant…. Pfft…au moins tout ça d’heures, Etienne, Jean-Blaise, Julie, Michel, Pierre-Jean et Stéphane (ne cherchez pas d’autre ordre que celui de notre bon vieux alphabet) nous montrèrent
1- Que nous, plongeurs altiers, ne sommes que du necton deutérostomien triploblastique gnathostome. Imaginez la roue totale de toutes les espèces, eh ben on est……….LA You are here
 
Nous ne sommes éloignés des pétromyzontidés que par notre encéphale qui s’est inversé, nous permettant certes d’inventer la batterie du Galaxy note 7, mais leur donnant un net avantage au Scrabble et dans une conversation mondaine.

2- Que tout ce petit monde peut être doté d’un cœur, d’un estomac, d’attributs sexuels  et évacua-toires-tiens-tifs-teurs, et que leur cycle de vie peut être passionnant. Enfin pas tous, hein, parce que la vie du pachygrapsus marmoratus telle que dessinée par De Pins dans son animation hilarante ci-dessous….
https://www.youtube.com/watch?v=S6xncXA3rGM
Mais comment ne pas craquer pour les fragiles bryozoaires dans leur logette HLM ou les éponges et leur système d’évacuation mis en commun, vénérables Veolia du monde marin ?

Et nos 6 encadrants nous ont montré tout ça avec plus que de la compétence et de la connaissance, avec engagement et simplicité.

½ journée au muséum de Toulouse, histoire de toucher du doigt – et voir des yeux et entendre des oreilles- tout ce qui a été dit en cours, 4 semaines pour tenter de digérer tout ça, et nous voilà sur la route de Colera, dont le nom n’évoque pas tout de suite au déficient en orthographe la splendeur de ce qu’on y verra.
3 heures de fous-rires en voiture, à se faire des quizz-révision de cours (« c’est-y un hermaphrodisme protandre ou protogyne ? Mmmmh ? j’t’écoute ? »), et  Joëlle, Michel et leur combi VW nous accueillent au camp-bungalows dans une organisation sans faille, à la hauteur d’un timing serré pour ce we plongée.

On a ajouté 9 signes à notre arsenal de communication de plongeurs, pour autant de classes d’animaux et végétaux que nous sommes amenés à nommer à notre encadrant pendant nos 4 plongées. Même qu’on a un beau T-shirt avec ces 9 signes dans le dos (merci Olivier), qu’on arborera fièrement tel  le moniteur tendance FFESSM-Canal  Historique : jambes écartées, bras croisés devant ou derrière selon la mise en avant des biceps ou des pecs, voix à la Stallone (« c’est nous les bio, on va tout péter »).
Meuh non, d’abord parce que ce genre de moniteur est comme le coelacanthe, pensé disparu même si on en revoit quelques spécimens avec émotion et indulgence. Ensuite parce que le plongeur bio se reconnait plutôt à son masque double-foyer, tendance Alain Deloin des Inconnus (c’est que c’est vraiment petit, ce qu’on voit à la bio), et à sa voix douce sur le bateau (« quand je serai dans l’eau, tu me passeras mon appareil photo ? »)
Sous l’eau, on peut vivre de grands moments de solitude : « je te montrerai un animal, tu me diras à quelle classe il appartient ».  L’encadrant montre ledit animal, et l’élève fièrement « ouiii, je sais, un bryozoaire !!!! ».  « non ». « ah ouiii, un urochordé !!! ». « non non ». « euh ? ». « c’est une éponge ». « ah oui, on voit les trous ».
 F..k.

Nous avons eu une séance labo, avec de l’échantillonnage prélevé in situ. Spicules des éponges, radulas des mollusques (leur langue version escalator), et un dommage collatéral par la capture inopinée d’un copépode qui n’avait rien demandé à personne. RIP.

Puis l’heure de se quitter est arrivée si vite, nos encadrants préférés nous redisant combien transmettre à d’autres ces connaissances est important.
O combien.
En tous cas, un immense merci à tous ces bénévoles, qui ne comptent jamais leur temps et qui nous rendent moins ignorants. A une prochaine, en FB1 !

Pascale